Debout land

C’est marrant de se rendre compte qui on voit, qui on ne voit pas à Debout. On est tous les ravagés, les fracassés du boulot ? Non, y’en a qui sont là pour jouer leur partition dans la sphère bobo engagée.

Fil du MvtDeboutLibre en spectre de cette rentrée

Quoi de prévu ce mois d’août, des projets, lectures, rencontres, actions, repos et respiration privée essentiellement, précarité chronique, la détermination toujours là, intrinsèque, en soi ? Septembre et le carnaval des syndicats sous agenda social reprend en cette rentrée électrique, avec l’état d’urgence quasi permanent (merci Bush en Irak – ironie), et la loi d’esclavage du gvrnt Valls II en application, qui plait tant au monde de la finance, la Troïka imprimant son rythme fascisant, la boucle est bouclée. Un seul conseil, écouter et se nourrir de l’esprit des libertaires. La reproduction de la verticalité se légitime en écartant toute considération pour d’autres prismes, étrangers des gestionnaires et comptables de l’ordre social actuel, qui portent l’attention en des chemins de dissidence frontale, à crever sur place ou gravir déjà pour soi cet horizon de changement, l’exigence d’affronter mille déroutes en autonomie. A l’écoute…


Faute de lien vers le Fil du MvtDeboutLibre, en copie partielle ici, sur la page ouverte du groupe fondé par Matjules à l’occasion de Debout : https://www.facebook.com/groups/1714516998761055/

Révolte des bacs à sable

Faut bien capter que lors de Debout depuis mars, les mass media ne diffusent pas la doxa de la rue (sauf les miettes), justement le contraire. Ils sont le pouvoir, et défendent encore un peu plus chaque jour, dans l’ensemble, la verticalité, le système, la domination, la subordination, la domestication, l’argent, etc… Qu’est-ce qui a tourné en boucle auprès de la majorité des électeurs si ce n’est la légitimation des puissants, leur renouvellement, et le discrédit pour la rue. Se faire plaisir à crier contre Macron, même si je suis pour le remettre en cause sur le macadam, ne suffit en rien, bien au contraire. Les oligarques financiers pensent le monde d’emblée avec les pauvres d’un côté, gesticulant, et les riches de l’autre, dans d’autres luttes, de pouvoir, accaparement de titres, influence et structures stratégiques, etc… Qui a des contacts ou entrées dans les médias de mass et préfère finalement la rue à la gloire, à la notoriété, à un relatif confort ira clasher tel qu’il le peut ou le pense, l’imagine en direct, sur ce terrain très verrouillé des plateaux tv ou radio. J’attends ces moments, sans y voir autre chose que la révolte, parfois la récup’ malheureusement, et des signes que l’insupportable est franchi et va faire tache d’huile. Je reste pessimiste, mais ne me contente pas de valider des seuils de violence institutionnelle, via les monnaies, le vote, la production, pour que les pouvoirs soient identifiables, non surtout pas ! Le vice est pour moi aussitôt dans cette acceptation idéologique des termes qui guident de base le système actuel et de domination. Ma liberté et ma pensée sont justement à remettre en cause tels travers ou hérésies fondamentales menant à notre perpétuel désarroi, de Mitterrand à Hollande pour les plus naïfs. Cessons de défendre ce qui créé à la racine l’ensemble de notre perte. Il ne s’agit pas de croyance en une nature de l’homme automatiquement bienfaisante et tournée vers les autres. Pas plus je ne prétends au succès opérationnel pour notre génération d’une dissidence aussi faible, les 3/4 du temps étouffée. Je laisse les victoires aux futurs souverains du peuple, encore et toujours. Il n’y a qu’arrogance et prétention à instituer des chefs partout, tout le temps. Lénifiants organigrammes des fonctions, ou chacun joue de malice pour s’en sortir. La réalité est que tout ce que nous critiquons va s’accentuer encore davantage. Tous les indicateurs sont à la possession, l’avarice, l’entre soi, avec à la marge quelques rayons de soleil, le refus de la soumission, des volontés d’émancipation face aux cloisonnements, une mixité retrouvée en des niches spécifiques et balbutiantes, des confrontations courageuses et un désir féroce de rupture vis à vis du capitalisme, de cette consécration généralisée des plus pervers.

Enième confirmation liberticide

A Repu’ Paris en mars avril dernier, tous les soirs c’était la fête gratuit. Et puis l’interdiction préfectorale est passée par là. On voit bien que l’Etat empêche les libertés. Certes les riverains ont leur mot à dire. Mais tout est fait pour le payant et s’emmerder un max. Les volontés sont là a contrario de créer, donner, partager. Tout est empêché pour ne donner de la considération qu’à qui amasse suffisamment, joue sur le ring de l’avarice et de la survie imposée. Monde absurde, sclérosé, faux cul.

Matjules #121mars

Indigné debout

La doxa dominante : ayez des produits à vendre, et soyez les meilleurs, donc acharnez vous au travail, la réussite avant tout. Pliez vous aux règles de mérite, aux lois de l’argent, donc aux principes de soumission des uns sur les autres selon que l’on possède ou pas. Ne pas avoir, c’est ne pas faire bien et correctement selon les puissants. Ainsi, pour les riches, à tous les niveaux, grosso modo on est responsable de sa pauvreté, le nihilisme en arrière fond ; ou à l’inverse, on est l’élu de cette sacralité financière qui dirige, de biens privatisés, en initié, descendant d’une rente et profits. Cet état d’esprit lénifiant qui est une non pensée, un vice humain répandu de toutes parts comme l’ordre des choses, il s’incarne bien au delà des 1/100 de nantis justement, et ceci depuis très longtemps. Le déni social consiste à s’envelopper dans le cocon de sa propre représentation d’idées, sans voir les clivages, les disparités de positions, et ainsi gommer sans cesse l’existant verticalisé omniprésent. Je suis pessimiste depuis le départ parce que je ne m’enferme pas dans une mythologie pratique, d’entre soi, de luttes uniformes, de camaraderie mimétique. Au contraire, je suis en permanence à pratiquer par contrainte, et souci de rompre avec les ségrégations au mieux, le monde qui nous détruit et bouleverse davantage encore aujourd’hui. Les confrontations sont inévitables, avec toutes leurs armes pour asservir, faire plier, distraire via des considérations orientées, consuméristes ; et rayer ce que nous sommes, à l’opposé de ces mécanismes puérils au quotidien. Nous risquons toujours plus la rue, la prison, les stigmatisations, à vouloir exister tel que nous respirons, des êtres libres, aucunement là pour se vendre, ni se subordonner par obligation. La parole libre est étouffée, et sans relâche, tant que la vie s’incarne encore en nous, les mots sortiront de ce cauchemar incessant, pour le dire, le mettre à nu, et résister. On crève du capitalisme, que des bulles de champagne un jour nous fassent ressentir toute l’arrogance ou pas de la possession, de ce chemin de croix avec l’avarice pour religion. Le bilan est macabre, nullement épargnés, déjà longuement assoiffés d’émancipation, du rêve de l’après. Les pleures en discrédit de la virilité, et l’âme au delà, en parasite hagard de leur royaume fasciste 2.0 bobo. Amusons nous tant que possible, de cette fraternité précieuse encore protégée, sortons la rage lorsqu’elle est imminente, à poindre sur nos lèvres, ne les laissons pas nous envahir totalement. Et basculons si le temps ne nous appartient plus vraiment, sans intérêt, peoplisé, terriblement vidé des fondamentaux qui nous animent. La vacuité fait disparaître le coeur de nos pulsations, le rythme de nos envies, et la sève jaillissante. A créer, de palabres en voyages multiples, chocs humains. Ces horizons de partage, à oser être là, éternels et entiers. L’illusion d’un chef providentiel pour nous sortir du pire a fait ses adieux. Le sauvetage ne viendra pas de ce qui structure notre perdition de base. La dissidence porte bien le fardeau de tant d’absurdité, mise en commun sous le règne des référents, les élections pour moteur stérile, en reproduction de la norme hiérarchisée. Aristoland a gagné, toutes les têtes seront à 2017, et le vent de Debout mort né. A prévenir, les obstacles se déploient un à un tel qu’on l’anticipe. Revenez lire chaque moment de ces cinq mois magnifiques ou honteux depuis février dernier, des pilotages, aux accaparements classiques, à cette odeur de révolution sous lacrymo’, et vous aurez déjà tout sous la main, de ce paysage lunaire, au combien risible à travers les médias de mass, pour éviter la prochaine fois de vous embarquer sans sens critique, pour les uns parfois, et binaires (personne n’y est totalement protégé d’ailleurs). Cela ne change rien sans buzz ou victoire diront les mêmes. Pour autant, fidèles à ce vécu, les engagements futurs se nourriront de nuances indispensables. La complexité des contrastes politiques à considérer, pour des lendemains meilleurs, avec patience, nullement résignés. Peu importe d’être le sauveur, la solution, Braudel nous incite à considérer l’histoire sur des durées nous dépassant bien largement. La plume se déploie, mine de rien, et sur la longueur, nous avons tracé notre route, nous y sommes, rien ne nous enlèvera cette force, modeste, joyeuse et sincère.
 
Matjules #114mars