Indigné debout

La doxa dominante : ayez des produits à vendre, et soyez les meilleurs, donc acharnez vous au travail, la réussite avant tout. Pliez vous aux règles de mérite, aux lois de l’argent, donc aux principes de soumission des uns sur les autres selon que l’on possède ou pas. Ne pas avoir, c’est ne pas faire bien et correctement selon les puissants. Ainsi, pour les riches, à tous les niveaux, grosso modo on est responsable de sa pauvreté, le nihilisme en arrière fond ; ou à l’inverse, on est l’élu de cette sacralité financière qui dirige, de biens privatisés, en initié, descendant d’une rente et profits. Cet état d’esprit lénifiant qui est une non pensée, un vice humain répandu de toutes parts comme l’ordre des choses, il s’incarne bien au delà des 1/100 de nantis justement, et ceci depuis très longtemps. Le déni social consiste à s’envelopper dans le cocon de sa propre représentation d’idées, sans voir les clivages, les disparités de positions, et ainsi gommer sans cesse l’existant verticalisé omniprésent. Je suis pessimiste depuis le départ parce que je ne m’enferme pas dans une mythologie pratique, d’entre soi, de luttes uniformes, de camaraderie mimétique. Au contraire, je suis en permanence à pratiquer par contrainte, et souci de rompre avec les ségrégations au mieux, le monde qui nous détruit et bouleverse davantage encore aujourd’hui. Les confrontations sont inévitables, avec toutes leurs armes pour asservir, faire plier, distraire via des considérations orientées, consuméristes ; et rayer ce que nous sommes, à l’opposé de ces mécanismes puérils au quotidien. Nous risquons toujours plus la rue, la prison, les stigmatisations, à vouloir exister tel que nous respirons, des êtres libres, aucunement là pour se vendre, ni se subordonner par obligation. La parole libre est étouffée, et sans relâche, tant que la vie s’incarne encore en nous, les mots sortiront de ce cauchemar incessant, pour le dire, le mettre à nu, et résister. On crève du capitalisme, que des bulles de champagne un jour nous fassent ressentir toute l’arrogance ou pas de la possession, de ce chemin de croix avec l’avarice pour religion. Le bilan est macabre, nullement épargnés, déjà longuement assoiffés d’émancipation, du rêve de l’après. Les pleures en discrédit de la virilité, et l’âme au delà, en parasite hagard de leur royaume fasciste 2.0 bobo. Amusons nous tant que possible, de cette fraternité précieuse encore protégée, sortons la rage lorsqu’elle est imminente, à poindre sur nos lèvres, ne les laissons pas nous envahir totalement. Et basculons si le temps ne nous appartient plus vraiment, sans intérêt, peoplisé, terriblement vidé des fondamentaux qui nous animent. La vacuité fait disparaître le coeur de nos pulsations, le rythme de nos envies, et la sève jaillissante. A créer, de palabres en voyages multiples, chocs humains. Ces horizons de partage, à oser être là, éternels et entiers. L’illusion d’un chef providentiel pour nous sortir du pire a fait ses adieux. Le sauvetage ne viendra pas de ce qui structure notre perdition de base. La dissidence porte bien le fardeau de tant d’absurdité, mise en commun sous le règne des référents, les élections pour moteur stérile, en reproduction de la norme hiérarchisée. Aristoland a gagné, toutes les têtes seront à 2017, et le vent de Debout mort né. A prévenir, les obstacles se déploient un à un tel qu’on l’anticipe. Revenez lire chaque moment de ces cinq mois magnifiques ou honteux depuis février dernier, des pilotages, aux accaparements classiques, à cette odeur de révolution sous lacrymo’, et vous aurez déjà tout sous la main, de ce paysage lunaire, au combien risible à travers les médias de mass, pour éviter la prochaine fois de vous embarquer sans sens critique, pour les uns parfois, et binaires (personne n’y est totalement protégé d’ailleurs). Cela ne change rien sans buzz ou victoire diront les mêmes. Pour autant, fidèles à ce vécu, les engagements futurs se nourriront de nuances indispensables. La complexité des contrastes politiques à considérer, pour des lendemains meilleurs, avec patience, nullement résignés. Peu importe d’être le sauveur, la solution, Braudel nous incite à considérer l’histoire sur des durées nous dépassant bien largement. La plume se déploie, mine de rien, et sur la longueur, nous avons tracé notre route, nous y sommes, rien ne nous enlèvera cette force, modeste, joyeuse et sincère.
 
Matjules #114mars