Retour sur…

Une fois j’étais intervenant en conf’, emmerdé à vouloir que tout le monde parle, sans tribune ni centralité. J’ai capté que je ne ferais jamais la présentation de nos actions/credo and co’ vu la durée nécessaire à un partage équitable de voix et le timing de fermeture de la salle. Du coup j’ai emprunté les us classiques amenant à la notoriété, reconnaissance, prise de pouvoir tel que c’est conceptualisé. Pour autant j’ai su laisser le débat critique s’installer, et ne pas la jouer forteresse. Par exemple, une personne plus âgée me ramenait à mon jeune âge relatif pour signifier son rapport particulier au temps long, à l’histoire récente en somme et expérience. Hors c’est subjectif l’empirisme, et je lui ai proposé de nous dire ce qu’il veut justement, montrant que je n’avais pas à faire la leçon, mais davantage à l’écouter. Il n’a rien exprimé de signifiant alors, visiblement dérouté par l’absence d’ego qu’il croyait initialement percevoir alors chez moi vis à vis d’une assistance. Nous étions humbles avec mon camarade Cyril, peu confortables, mais tournés vers ce don nécessaire parfois à consacrer publiquement la fortune symbolique d’aventures personnelles et collectives. D’ailleurs, nous n’avons jamais systématisé le procédé, nullement une obsession, feu la gloire stupide qui pique certes au corps mais détourne du sens ou profondeur universelle.

Epuisement

Les cyniques béats n’ont pas compris que les gens vont crever (pas les fachos). Avec la virilité et la lèche du fric en parangon de vertu. A stigmatiser des faiblesses ou incapacités à supporter l’effort, la réalité. Et justifiant le mérite par cette sélection, même macabre. Les requins bouclent la boucle de leur jeu compétitif.

Pendant que les cassés et quelques confortables émancipés discutent de vrais progrès sociaux, le pouvoir passe son temps à nous remettre des couches de domestication corporate à outrance. Nous sommes poussés au quotidien à vivre en salopards, en ingrats, en sous-fifres de l’accumulation.

La décompensation perle dans nos regards, déjà loin de tout espoir. Pas pour les accapareurs qui font leur beurre des luttes, en verticaux, mais pour ceux qui triment, y retournent, et se font violer leur vie, détruire l’esprit. En martyrs du capital, des monnaies, de ce travestissement infâme à la base dans les activités humaines.

J’en ai assez, l’horizon bouché, la kermesse naïve du grand soir comme un dégoût ultime, alors que nous nous faisons massacrer. Privé de mots, du sens, et du temps, en une schizophrénie imposée, à devoir singer le plaisir, la perfection, le don de soi, l’effacement, dans le processus même de notre négation, asservissement, soumission.

Ne sortira plus de nous que tromperie, aigreur, désespoir et maladies. Le couvercle du déni se referme et les élus de ce darwinisme légiféré paradent, se pavoisent à chaque galère mise à flot. En psychopathes du titre ou de la fonction, ils consacrent leurs victoires, amoureux de ces guerres commerciales, pour l’image, à dominer.

Matjules #122mars

Indigné debout

La doxa dominante : ayez des produits à vendre, et soyez les meilleurs, donc acharnez vous au travail, la réussite avant tout. Pliez vous aux règles de mérite, aux lois de l’argent, donc aux principes de soumission des uns sur les autres selon que l’on possède ou pas. Ne pas avoir, c’est ne pas faire bien et correctement selon les puissants. Ainsi, pour les riches, à tous les niveaux, grosso modo on est responsable de sa pauvreté, le nihilisme en arrière fond ; ou à l’inverse, on est l’élu de cette sacralité financière qui dirige, de biens privatisés, en initié, descendant d’une rente et profits. Cet état d’esprit lénifiant qui est une non pensée, un vice humain répandu de toutes parts comme l’ordre des choses, il s’incarne bien au delà des 1/100 de nantis justement, et ceci depuis très longtemps. Le déni social consiste à s’envelopper dans le cocon de sa propre représentation d’idées, sans voir les clivages, les disparités de positions, et ainsi gommer sans cesse l’existant verticalisé omniprésent. Je suis pessimiste depuis le départ parce que je ne m’enferme pas dans une mythologie pratique, d’entre soi, de luttes uniformes, de camaraderie mimétique. Au contraire, je suis en permanence à pratiquer par contrainte, et souci de rompre avec les ségrégations au mieux, le monde qui nous détruit et bouleverse davantage encore aujourd’hui. Les confrontations sont inévitables, avec toutes leurs armes pour asservir, faire plier, distraire via des considérations orientées, consuméristes ; et rayer ce que nous sommes, à l’opposé de ces mécanismes puérils au quotidien. Nous risquons toujours plus la rue, la prison, les stigmatisations, à vouloir exister tel que nous respirons, des êtres libres, aucunement là pour se vendre, ni se subordonner par obligation. La parole libre est étouffée, et sans relâche, tant que la vie s’incarne encore en nous, les mots sortiront de ce cauchemar incessant, pour le dire, le mettre à nu, et résister. On crève du capitalisme, que des bulles de champagne un jour nous fassent ressentir toute l’arrogance ou pas de la possession, de ce chemin de croix avec l’avarice pour religion. Le bilan est macabre, nullement épargnés, déjà longuement assoiffés d’émancipation, du rêve de l’après. Les pleures en discrédit de la virilité, et l’âme au delà, en parasite hagard de leur royaume fasciste 2.0 bobo. Amusons nous tant que possible, de cette fraternité précieuse encore protégée, sortons la rage lorsqu’elle est imminente, à poindre sur nos lèvres, ne les laissons pas nous envahir totalement. Et basculons si le temps ne nous appartient plus vraiment, sans intérêt, peoplisé, terriblement vidé des fondamentaux qui nous animent. La vacuité fait disparaître le coeur de nos pulsations, le rythme de nos envies, et la sève jaillissante. A créer, de palabres en voyages multiples, chocs humains. Ces horizons de partage, à oser être là, éternels et entiers. L’illusion d’un chef providentiel pour nous sortir du pire a fait ses adieux. Le sauvetage ne viendra pas de ce qui structure notre perdition de base. La dissidence porte bien le fardeau de tant d’absurdité, mise en commun sous le règne des référents, les élections pour moteur stérile, en reproduction de la norme hiérarchisée. Aristoland a gagné, toutes les têtes seront à 2017, et le vent de Debout mort né. A prévenir, les obstacles se déploient un à un tel qu’on l’anticipe. Revenez lire chaque moment de ces cinq mois magnifiques ou honteux depuis février dernier, des pilotages, aux accaparements classiques, à cette odeur de révolution sous lacrymo’, et vous aurez déjà tout sous la main, de ce paysage lunaire, au combien risible à travers les médias de mass, pour éviter la prochaine fois de vous embarquer sans sens critique, pour les uns parfois, et binaires (personne n’y est totalement protégé d’ailleurs). Cela ne change rien sans buzz ou victoire diront les mêmes. Pour autant, fidèles à ce vécu, les engagements futurs se nourriront de nuances indispensables. La complexité des contrastes politiques à considérer, pour des lendemains meilleurs, avec patience, nullement résignés. Peu importe d’être le sauveur, la solution, Braudel nous incite à considérer l’histoire sur des durées nous dépassant bien largement. La plume se déploie, mine de rien, et sur la longueur, nous avons tracé notre route, nous y sommes, rien ne nous enlèvera cette force, modeste, joyeuse et sincère.
 
Matjules #114mars

Dossier #JPL

J’ai passé un mois grosso modo à la pseudo TvLibreMaisVerticale, y amenant quelques espoirs de partage/symbiose, et un premier sujet sur Berlusconi avec a fortiori l’idée d’autonomie de regard, une analyse du vécu sur place à Milan, pour rendre compte du paysage politique concerné, simplement. En fin de course avec un monteur hors contexte, JPL nous a convoqué en mode grand chef supreme sachant tout pour décréter en deux secondes que c’était trop complexe notre traitement. Il a poussé le monteur a faire un choix édulcoré et binaire : avec les bons d’un côté et les méchants de l’autre hurlant uniquement si possible (exit ici les verts locaux par exemple, différentes tendances et expressions – lui l’autocentré ou presque de la campagne du fiston & EvaJo’ à ce moment là).

JPL venant de TF1, on s’est retrouvé en plein dans cette simplification totalement inutile et sans intérêt (vraiment pas besoin de moi pour ce genre de focale appauvrie pour décérébrés n’identifiant aucune nuance et sans considération pour la diversité, ce qui nous entoure).

Bien sur, JPL nous demandait de se réunir en cercle à intervalle de temps régulier, l’attendant, comme dans toutes les rédactions hiérarchiques classiques, pour nous demander un à un de présenter nos travaux, puis nous justifier, attendant sa sentence, lui jugeant en boss souverain. J’étais choqué, revenant d’un coup des années en arrière, sous cette forme révérente si connue dans les études et à l’école republicaine. Je n’étais vraiment pas venu ici pour cela.

Notre premier rdv inaugurait d’autres auspices, avec un rapport bien autre, plus d’égal à égal, presque complice, courtois en somme. Si j’avais flairé cette verticalité grossière, je n’y serais jamais rentré (sauf par nécessité habituelle pour survivre et en mode méfiant). Là je faisais un choix comme régulièrement si possible, dans l’esprit de liberté, cherchant un lieu et des pratiques différentes du monde corporate & commercial que l’on est supposé critiquer en dissidence sincère.

Motivé au prime abord, sans pression, j’avais pris l’initiative de me rendre autour des locaux, chez le voisinage pour se présenter, tenter d’obtenir des contacts, et même des soutiens financiers (pour du matériel, tournages and co’). JPL et sa secretaire en chef me convoquant soudain dans leur bureau ont tout de suite voulu me nommer référent de ce processus, pour obtenir des fonds, voir avec la région, etc. Alors que j’amenais à l’inverse l’idée d’en parler tous ensemble, proposant d’impliquer tout le monde justement, en écoute du désir et des idées de chacun(e), à tout moment, sur ces aspects fondamentaux.

Un signe nullement passé inaperçu pour moi (x boulots dans les rotules), au milieu de la bonne entente en mode pique-nique commun et coolitude affichée contre les puissants de ce monde : le monteur chef plusieurs fois tremblant devant JPL (as J’aiPeurdeLui), et dépolitisé, un technicien carriériste banal pouvant tout autant bosser pour une boite de prod’ capitaliste et décomplexée, une raison de sa faille manifeste, et inaptitude à jouer le révolté.

Plus dramatique encore, une dame d’un certain âge et relativement précaire venait de rentrer dans les locaux de la pseudo TvLibreHaha, et les jeunes bobo journaleux l’ont balayé d’un revers, genre ce n’est pas pour vous ici. Ainsi, le public généralement accepté à Telebocal par exemple, réellement disparate, ne rentre pas dans le cadre uniforme et le filtre utilitariste tabou à TvLibreBebeJRI : avoir principalement des stagiaires d’école de journalisme, ca permet d’avoir les subventions de l’Etat pour monter une tv.

Evidemment, le clash arriva sans que je ne l’anticipe. J’ai très naïvement partagé des mails avec l’ensemble des intervenants de la pseudo TvLibrePouah, histoire d’être tous reliés, le sens de la liberté affichée (la liste était pourtant dispo’ au mur dans les anciens locaux à Boulogne-B’, à mon premier contact). Mal m’en a pris, JPL via son assistante de choc m’ont accusé d’avoir dérobé leurs contacts !?

Evitant de rentrer dans un conflit sans fin, je n’en pensais pas moins, après une réponse commune dans ce genre de cas (nullement eu l’intention de nuire, au contraire), et considérablement interloqué, cela n’en a pas moins provoqué une scission de la moitié des participants (trainant des rancoeurs parfois anciennes et non exprimées visiblement), une partie allant dans mon sens, et l’autre bien sur ralliant la verticalité de JPL. En si peu de temps finalement, constater tel contexte explosif à la moindre réaction partagée (se voulant publique) déjà en interne m’a vraiment fait halluciner. Ecoeuré, je n’ai néanmoins pas cherché à en découdre immédiatement (le contexte se suffisait à lui-même), ayant alors assez perdu de temps, résolument tourné vers autre chose pour me protéger, et captant l’ampleur de la poudrière moisie à affronter. Le recul, la distance et la reflexion pour y revenir à froid, ayant d’autres priorités, sans éclipser pour autant.

Enfin, certains échos d’Afrique concernant JPL (comme pour Bourdon d’ailleurs) sont plutôt très explicites et similaires à ce tableau déjà pathétique en rapide immersion. De même, un acolyte déjà prévenu sous forme d’allusion préventive (il filmait alors à la Fête de l’Huma’), et retrouvé à Debout longtemps après m’a remercié de l’avoir informé d’emblée des risques. Le pourrissement de l’indépendance et de l’intégrité qui nous anime par JPL, énième usurpateur des luttes (sujets volés et vendus à son unique profit…) a de quoi énerver. Carton rouge résolument pour ce pro’ de la supercherie engagée.

#OnVautMieuxQueCa #Matjules

Etre bobo c’est un comportement allié à des biens relatifs. C’est vouloir que les taches ingrates soient faites par quelqu’un d’autre, au quotidien, ne plus voir les aliénations, comme client cynique notamment, recherchant plein de services.

J’ai bossé jeune en interim pour un sous traitant d’Aventis au Trait, avec des molosses sortant de prison, au dos cassé, à soulever à trois à la seule force des mains, des barres métalliques de 6-8 étages de haut pour les redresser. Puis avec des gars facho’/myso’ au physique de pompier, sans casque ni protections, à soulever des pieds au dessus de la tête 200 barres métalliques à accrocher en les encastrant bras levés. D’autres dehors dans les tranchées en plein hiver neigeux. Un collègue mort d’un accident du travail en situation dans ces conditions. Vécu l’usine en partie sur deux ans à Bagneux, à bouffer des produits toxiques et le harcèlement vicieux d’une direction familiale facho’ emmerdant principalement les copains des foyers de réfugiés se tapant le pire, avec toujours le « blanc » prolo’ qu’on mêle à ce cirque puant, ce qui ne passait pas du tout, brimades quotidiennes. Prévenu l’inspection du travail (ayant validé mon signalement) suite à risques avéré bâtiment vétuste s’écroulant, à Paris proche gare de l’est, sur un énième taf domestique avec insultes et harcèlement croisés passés sous silence par la direction pour me culpabiliser, dans secteur des services à la personne, et viré bien sur pour cela. Frappé par des néonazis au taf, dans secteur semi public et privé stratégique d’Etat, eux se foutant sur la gueule pour la compét’ inévitable de sous traitance en turn over constant. Vécu de 17 à 38 ans 40 boulots domestiques, dans tous les secteurs, à former sous pression parfois qui me remplacerait en temps partiel notamment une fois viré. Toutes sortes de contrats, du médical, à l’administration, en passant par le « bien être » sportif puis alimentaire, l’éducation en Ces, l’animation à 2 bal, le journalisme précaire, l’hôtellerie rapido (car en contexte particulièrement précaire, face à une clientèle de malfrats), l’industrie, quantité de domaines abordés trente secondes ou sur deux ans grosso modo (largement suffisant lorsque la répétition du pire se développe constamment). Récemment j’ai fait valider en un an de démarches coûteuses, par la médecine du travail, un harcèlement physique et moral, pas le premier, dans le secteur alimentaire de récup’ industrielle du bio’ par un trust bien connu. Ce qui me fait penser à un autre dans l’humour, été prolo’ aussi en théâtre, et en galerie d’art (familiale, comme d’une holding fameuse). Evidemment fait tous les horaires, du jour et de la nuit, taf en hp aussi (dont « gestion » de serial killers), auprès de gens amputés également, là on se sent tout petit… Et dormir à la rue, j’ai connu, comme la garde à vue (avec abus de la « cab », flingue sur la tête…, constaté par le comico à 5h du mat’, après avoir du simuler une crise de tétanie, car me tapant un violeur en face de moi à 30 centimètres durant deux heures avant procédure basique d’analyse médical – je n’ai pas de casier jud’), de façon circonstanciée, non chronique heureusement. Viré cela dit de logements par proprio’ spéculant. Etc…

Un des taf les plus ingrat est d’aller poser les lignes de metro, en milieu confiné a fortiori à 5h du matin, dans les vapeurs toxiques. La durée de vie est catastrophique et les populations exploitées sous nos pieds vivent une précarité considérable.
On ne peut applatir les contextes de vie, niveler de façon binaire, tout résumer aux 1/100 de nantis qui bouffent la planète. Cette posture caricaturale est voulue par une majorité se réclamant des luttes sociales.

Gérard Filoche par exemple, cadre du PS la jouant sauveur du peuple tout en gommant totalement que les inégalités (de fonctions, territoires, biens…) irradient toutes les strates de la société. Comme les cadres universitaires de Lmsi nient et amalgament l’identification des bobos avec le populisme du FN (inversion/confusionnisme habituel et navrant).

Matjules

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